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                                                LES CHRONIQUES
                       
                  Les distributions temporelles
 

                                                                                                   
 Amor BELHEDI, FSHS, Université de Tunis


           Le modèle général       Le Trend ou la Tendance Générale       La Composante Saisonnière     La composante Cyclique     La composante résiduelle    L'Auto-corrélation       La Covariation       La Régression Temporelle


Introduction  Présenter & Décrire une variable  Réduire & Résumer une distribution  Notions et Distributions de Probabilités   Corrélation & Régression linéaire simple  Corrélation & Régression simples courbes  Test de Khi-deux   Corrélation dans un tableau  Chroniques & Distributions temporelles   Corrélation & Régression multiples   Droites des Moindres Rectangles   Analyse Factorielle   Classification & Typologie  Tests des hypothèses  Sondages & Distributions d'échantillonnage  Quelques Eléments de calcul matriciel  Tables Statistiques   Papiers Fonctionnels   Bibliographie Sommaire

 

            Nous avons vu en introduction que la distribution peut prendre trois formes différentes: les distributions générales, les distributions spatiales et les distributions temporelles. C'est à cette dernière catégorie de distribution qu'on va s'intéresser dans ce chapitre.

            Très souvent, on a affaire à des distributions le temps constitue une variable clef, c'est le cas lorsqu'on veut analyser  les processus d'évolution, les mécanismes de la dynamique des espaces et des phénomènes dans le temps. Ces distributions temporelles ou chronologiques sont appelées aussi les chroniques.

 

            Il se trouve que le temps, comme l'espace, possède certaines propriétés  spécifiques dont il faut tenir compte lors de l'analyse des processus temporels. On peut citer en particulier le sens undirectionnel du temps, les variations saisonnières, cycliques et la présence de phénomènes auto-corrélés.

 

I  - LES CHRONIQUES

 

            Définition: La chronique est une distribution bivariée l'un des paramètres, souvent la variable indépendante, est représenté par le temps (t). Le temps est ainsi fractionné en unités (seconde, minute, heure, jour, mois, saison, année) pour être une variable discrète. La chronique peut prendre toutes les formes de distribution.

 

            Les composantes: Une chronique se compose de quatre composantes plus ou moins marquées dans les données: le trend ou la tendance générale, la composante saisonnière, la composante cyclique et la composante aléatoire ou résiduelle.

 

1 - Le trend ou la tendance  générale

 

            Le trend est l'allure générale de la distribution qui décrit le mouvement d'ensemble du phénomène à long terme indépendamment des variations de petites échelles qui se situent à long (variation cyclique), moyen (v. saisonnière) ou court termes (v. aléatoire). C'est le cas par exemple de l'évolution du trafic du port de la Goulette entre 1968 -1994 ou de l'évolution de la température  moyenne à Tunis entre 1970 -2001....

 

            On peut représenter ce trend par une  fonction du temps :  T = f(t).  Cette relation peut être de différentes formes selon le nuage de points et la nature du processus étudié  qui peut être additive ou multiplicative mais on sait que quelque soit le modèle adopté, on est souvent amené à linéariser la relation pour pouvoir l'analyser.

 

2- La composante saisonnière

 

            De nombreux phénomènes fluctuent dans le temps et présentent des variations saisonnnières, des variations relativement régulières, rythmées à moyen terme présentant une périodicité relativement fixe à l'échelle de la saison proprement dite (été, hiver...), du mois, du jour ou de l'heure ou même moins. C'est le cas des rythmes saisonniers de la température ou des précipitations en cmlimatologie, de l'activité touristique, du trafic de circulation urbaine ou inter-urbaine...

            La représentation graphique peut être sous forme d'un nuage de points lissé susceptible d'exprimer les fluctuations saisonnières, elle peut être opére aussi sous forme d'un graphique polaire où les rayons représentent les saisons tandis que les valeurs expriment les données saisonnières.

 

3- La composante cyclique ou conjoncturelle

 

            Les données présentent parfois des variations assez régulières se présentant au niveau du long terme entre la saisonnalité et la tendance générale appelées cycles. Le cycle peut couvrir des périodes variables mais il faut avoir des séries assez longues pour qu'une tendance cyclique puisse apparaître. C'est la composante cyclique ou conjoncturelle qui se situe à long terme. C'est le cas par exemple des cycles de sécheresse en Tunisie qui prennent 3- 5 ans avec des intervalles de 8-10 ans, c'est le cas aussi des cycles d'expansion et de crise en économie que connaissent la plupart des pays....

 

4- La composante résiduelle ou aléatoire

 

            La composante résiduelle ou aléatoire est la part de l''information qui n'est pas prise en compte par les trois premières composantes (le trend, la variation saisonnière et cyclique), c'est la composante qui est restée inexpliquée par le modèle général, elle peut être due à des facteurs locaux spécifiques ou totalement aléatoires. Certains facteurs interviennent pour déterminer l'évolution des choses durant un certain temps sans qu'ils donnent lieu à des variations saisonnières ou cycliques ou qu'ils soient intégrés dans le mouvement d'ensemble, c'est pourquoi nous préférons le rerme de résiduelle à aléatoire.

 

5- Formulation de la chronique

 

            On peut formuler la chronique comme une fonction de quatre composantes: le trend (T), la saison (S), le cycle (C) et le résidu (R) de la manière suivante:  y = f(T, S, C, R)

            L'effet de ces quatre composantes peut prendre des formes différentes et très complexes mais on peut penser que deux formes sont très utilisées:

 

            - Le relation additive: les effets des différentes composantes s'ajoutent les uns aux autres de telle manière que la relation générale prend une forme linéaire comme ci-dessous: 

                y = f(T + S + C + R)      ou    y  = T(t) + S(t) + C(t) + e

            C'est le cas de par exemple de l'évolution de la température avec ou sans tendance au réchauffement pendant une période relativement longue de 30 ans. Le terme e remplace ici la composante résiduelle (R) ou aléatoire comme dans le modèkle général de la régression.

 

            - La relation multiplicative: les effets des différentes composantes sont multiplicatifs les uns par rapport aux autres ce qui explique le processus d'amplification  ou d'extinction des phénomènes. On peut citer le processus de croissance en spirale, les tendances exponentielles d'amplification ou d'extinction: multiplication des cellules, processus de diffusion, dégénerescence... La relation s'écrit sous la forme: y = f(T*S*C + R) ou y = T(t).S(t).C(t) + e

           

            L'analyse d'une série chronologique consiste essentiellement à filtrer les différentes composantes par étapes successives: la tendance générale ou trend d'abord, la composante saisonnière ensuite, enfin la composante cyclique si jamais elle existerait. La composante résiduelle est celle qui résiste au filtrage et reste en dernier lieu.

 

II – LA TENDANCE GENERALE OU LE TREND

 

            On peut utiliser la méthode des moyennes mobiles pour lisser la tendance. Elle consiste à calculer pour chaque valeur xi, la moyenne d'une petite série impaire de 3, 5, 7 valeurs encadrantes et relier les différents points. Pour les séries mensuelles, on utilise une période de  13[1]. La méthode raccourcit la chronique (on perd 4 valeurs pour une période de 5) et le filtrage n'est pas complet avec une autocorrélation du bruit, la métode est déconseillée pour une chronique aléatoire. C'est pour cela qu'on utilise souvent la méthode des moindes carrés.

           

            On peut formuler la tendance générale ou trend sous forme d'une relation linéaire de la forme y = f(t). Si le nuage de points se présente sous la forme d'une courbe ou des consiédérations théoriques permettent de spécifier le type de relation, il y a lieu de linéariser la relation.

 

1- Le modèle

 

            On écrit alors le trend comme suit: y = at + b   avec y : la variable étudiée, t : la variable temps, a: la pente et b: l'intersection du Trend avec l'axe de y.

            On retrouve ici le problème de la corrélation et de la régression linéaires simples qu'on a vues dans un chapitre précédent. La méthodologie a adopter est la même à la seule différence que la variable t remplace ici x.

             r = Cov yt/sy.s     avec : Cov yt = Syt/n - yata     et  a = Cov yt/s2t    b = ya - ata    

 

2- L'u